60 000 pensées par jour. Je pense trop et ça m’épuise: que faire? Comment arrêter de stresser, de s’angoisser et de tergiverser?

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Je rédige cet article suite à l’écoute d’une conférence de Serge Marquis : « On est foutu on pense trop ». J’ai découvert cette vidéo sur le blog de dandanjean, ici: https://dandanjean.com/2021/04/21/on-est-foutu-on-pense-trop/

Overthinking: je pense trop, tout le temps et cela me fatigue énormément.

Ce sujet me parle énormément car je suis victime de « overthinking »: je pense trop, tout le temps et cela me fatigue énormément.
Je pense à des sujets qui me concernent, mais je réfléchis également beaucoup à trouver des solutions pour les autres. C’est sans compter que mon job consiste également à analyser les informations, les goupiller et planifier au mieux, donc à nouveau, je dois réfléchir constamment.
Il arrive que parfois je n’arrive plus à décider de simples choses, tellement je suis fatiguée de devoir me poser des questions pour prendre une décision. Du coup, j’agis sur le coup de l’impulsion, ou de l’intuition. Cela me soulage d’agir sans avoir pris 10 ans de réflexion pour en arriver à l’action. On est aujourd’hui constamment confronté à des choix à faire: il n’y a pas un seul paquet de chocolat dans l’étalage, il y en a près d’une centaine. Il y a tellement de choix pour tout et tout le temps, que je finis parfois à ne rien acheter du tout.
Etrangement, les grandes décisions de vie ou les décisions plus importantes avec des impacts à plus longs termes me semblent moins difficiles à prendre, que ces petites décisions au quotidien qui me saturent complètement l’espace mental disponible. Au quotidien, il convient de comparer un tas de petites choses: le brocoli bio avec emballage ou le non bio sans emballage? Le cosmétique certifié bio contient un tensioactif dérivé de palme, alors est-ce un bon choix ou pas? L’huile d’olive non bio avec des olives uniquement de l’union européenne ou la bio avec des olives hors Europe? Et oui, quelle prise de tête pour ce qui peut peut-être sembler des détails pour d’autres ^^

Il s’avère que toutes ces petites décisions, par accumulation créent un stress lorsque je ne peux pas décider facilement. Lorsque je doute de ces décisions, ça crée une angoisse. Et angoisser, ça fatigue. En plus, quand on est angoissé on doute encore plus, on perd confiance en soi, et hop cercle vicieux.

Vous l’avez compris, cet état de fatigue mentale a atteint un paroxysme chez moi et j’ai eu besoin de mettre mon cerveau en off le plus possible pour ne pas être complètement à côté de mes pompes. Il s’avère que je change de job et que j’ai une période de transition sans devoir aller travailler, ce qui me fait énormément de bien puisque j’ai une source de cogitation en moins. Etant donné que je suis soulagée de ce côté là, cela me permet d’avoir les idées plus claires et de faire un petit travail sur moi pour adapter ma façon de penser et trouver des solutions pour contrôler mes pensées.

Je suis alors tombée sur cette conférence de Serge Marquis et je l’ai trouvée géniale! Non seulement, ce Monsieur gère son sujet, mais en plus il l’explique avec un humour incroyable. J’ai beaucoup ri et appris en même temps, c’était un régal.

Je vais donc rédiger ci-dessous ce que j’ai retenu de cette vidéo, ce qui m’a inspirée et qui je l’espère pourra aider d’autres « overthinkers » 🙂

Focaliser son attention lutte contre le stress

M. Marquis compare nos pensées à un hamster courant dans sa roue 🙂 Je trouve cette analogie bien trouvée, on tergiverse, souvent ça tourne en boucle, mais on continue quand même haha.

Parfois je me réveille le matin, et tac enclenchement de la roue, sans le moindre échauffement, hamster est au taquet et se met à courir. C’est plus fort que moi et c’est indépendant de ma volonté. Ensuite, mon estomac se contracte, je commence à angoisser alors que je ne suis même pas encore sortie du lit.
Lorsque notre attention est accaparée par la course du hamster, on n’est plus dans le moment présent. Il faut alors focaliser notre attention sur le moment présent. Il faut donc faire preuve de vigilance pour observer où est notre attention. Mince, le hamster a recommencé à courir. Ce n’est pas grave, il faut juste s’en rendre compte, et ramener notre attention dans le présent.

Comment focaliser son attention sur le moment présent?

Certaines personnes ont « des colonies de hamsters » dans leur tête. Dès le réveil, ils se mettent tous à courir. Il faut les discipliner. Discipline vient de disserte (latin), signifiant apprendre; s’entrainer à.
Il faut s’entrainer psychiquement. Tout comme on entraîne notre corps physiquement, il faut entraîner notre mental également.

Concrètement, il faut placer son attention sur la respiration, sur la sensation de l’air qui traverse les narines, gonfle l’abdomen et le muscle diaphragme. Quand on l’étire, cela stimule un nerf envoyant un message stoppant la sécrétion des hormones du stress!
Ensuite, il faut découvrir la différence entre les pensées utiles et les pensées inutiles. Plus on calme le hamster plus on permet à notre créativité de s’exprimer, de sortir d’une situation complexe, etc.
Un autre exercice efficace consiste à compter. Lorsque l’on compte, l’attention est focalisée sur cette action. Or, elle ne peut pas être à 2 endroits en même temps, donc ça stoppe le hamster.

Cerveau primitif vs. cerveau d’aujourd’hui

Aujourd’hui, la perception d’une contrariété a le même effet que la perception d’une menace sur notre cerveau.

Le cerveau va toujours placer l’attention sur les dangers, pour nous protéger, pour notre survie. Aujourd’hui les menaces physiques sont rares. Il s’est donc rabattu sur les autres menaces. Les informations et l’actualité utilisent souvent un langage captant notre attention en utilisant des termes spécifiques, ou des faits nous mettant en alerte: « ce qui est inquiétant c’est…; ce dont il faut se méfier… ». Notre cerveau entend ces termes et BAM il focalise l’attention sur ce message!

Notre cerveau analyse également les éventuelles menaces à notre égo. On analyse beaucoup plus les expressions faciales, recherchant des éventuelles critiques, ou signes. On interprète énormément les propos des gens, y avait-il un message sous-entendu, était-ce ironique, etc

Soutien, entre-aide et reconnaissance mutuelle

Le soutien, l’entre-aide et la reconnaissance mutuelle sont trois comportements entre humains qui nous aident à faire baisser le stress. Et lorsque le stress baisse, la tergiversation diminue puisqu’on se sent mieux, on est plus calme, apaisé, moins anxieux. En outre, on est peut-être plus occupé par des activités, donc on vit le moment présent et notre attention est focalisée sur notre activité.

Actuellement, il y a une augmentation radicale du narcissisme, de l’individualisme, ce qui va à l’encontre de ces 3 points. Lorsque ces 3 points prennent moins d’importance dans notre vie, le stress augmente. Il ne tient qu’à nous de protéger le soutien, l’entraide et la reconnaissance mutuelle.

Depuis l’an passé, le covid a totalement annihilé le soutien et l’entre-aide au quotidien. On observe bien que le stress est plus important, les gens sont plus angoissés et le nombre de dépressions a explosé.

Le changement: facteur de stress

Traverser le changement est si difficile car ce qui fait peur n’est pas l’inconnu, mais de laisser aller le connu.
Le changement est quelque chose qui nous arrive sans qu’on l’ait voulu, tels que des accidents etc.

Le sens de la vie: autre source de cogitation et d’anxiété

La relation entre notre environnement et notre dignité humaine est fondamentale. Qu’est-ce que la dignité humaine? C’est ce qui fait que, pour une personne, sa vie vaut la peine d’être vécue.

Qu’est ce qui nous permet d’affirmer que notre vie vaut la peine d’être vécue?

Quand on donne un sens à ce que l’on fait. Il faut que cela vienne de l’intérieur. Si on attend que cela vienne de l’extérieur on peut attendre toute sa vie. Il faut tracer une direction! Comment? En ré-adhérant aux objectifs, à travers des projets court ou long termes. Un projet permet d’envisager des résultats. 75% des gens gagnent leur vie en se servant de leur tête, donc on voit moins les résultats qu’en allant labourer un champ ou couper du bois! La satisfaction du travail bien fait au quotidien, même des petites tâches, est moins présent. On a tellement de choses à faire, des listes sans fin, donc on n’a pas la satisfaction d’avoir atteint nos objectifs de la journée. Si on se dit juste « ah mais je n’ai pas fait tout cela », ou bien « il reste encore tout cela… ». Il faut se donner des petits objectifs au quotidien, fractionner, afin de créer une satisfaction du travail accompli.

Qu’est-ce qui vous intéresse dans la vie?

Un projet à court terme permet d’accroitre son estime de soi, ce qui est fondamental pour diminuer le stress. Cela permet également de retrouver du sens au quotidien. Cela établit et maintient une cohérence entre les valeurs que l’on porte et les gestes/décisions que l’on pose. Autrement, on a une problématique de sens. Si ce que l’on dit, ou ce en quoi l’on croit, ne coïncident pas avec nos actions ou notre mode de vie, on n’est plus en accord avec soi-même… Gros problème.

A mettre en place:

  • Ré-évaluer les valeurs que l’on a en soi, faire une pose.
    Une valeur: humblement contribuer au bien humain. Si on arrive à faire ça, on va trouver du sens.
  • Trouver un équilibre entre les défis et les limites. Si on n’a pas de défis, on ne découvrira jamais ses capacités.
  • Faire réapparaitre l’intérêt, pour sortir du vide. L’intérêt apparait quand on se met en mouvement. On peut éprouver autant de stress à être sous-utilisé que sur-utilisé. (bore-out et burn-out)
    Avoir des engagements, il y a un lien profond entre bonheur et engagement. On découvre ses capacités et son potentiel en grimpant les montagnes, pas en restant dans son salon. 

Connaître ses limites, son humanitude

Aujourd’hui, il y a tellement d’informations disponibles, qu’on n’aurait pas assez d’une vie pour lire toutes les informations sur un sujet. Si on entretient l’illusion qu’on est en mesure de tout lire ou tout voir, on devrait être une personne immortelle. On est confronté au temps à disposition sur cette planète. On est piégé par notre génie! Avant, il y avait 3 chaines de télé, aujourd’hui 1200 ! Or, on a toujours que 2 yeux, 2 mains, 1 cerveau. On veut tout faire, tout voir, tout savoir, tout de suite, tout le temps. A cela s’ajoute notre égo: que vont penser les autres si je ne fais pas ceci, cela, etc.
A chaque fois, on est obligé de faire un deuil de ce qu’on ne peut pas avoir, puisqu’on ne peut pas tout avoir…
Apprivoiser son humanitude, c’est donc comprendre ses limites et la notion de contentement, ou de repos. L’absence de contentement est la fatigue. Lorsqu’on a fait tout ce qu’on avait prévu, alors oui on est fatigué, mais on est content. Si on avait prévu de faire des choses, mais que l’on ne les a pas toutes faites, alors on éprouve une grande fatigue.

Atteindre le contentement: 

1. Achever quelque chose, donc il faut choisir quelque chose qu’on va achever
2. Placer son attention sur ce qu’on est parvenu à achever = positiver, se féliciter!

Le stress dû au temps qui s’est accéléré

Pour pouvoir atteindre le contentement, il faut tout d’abord s’arrêter. Le rapport au temps et aux autres est en train de se modifier, en particulier à cause des nouvelles technologies.
Quand il n’y avait pas de fax, on envoyait par la poste, et on estimait que cela prenait 2 à 3 jours pour que l’information arrive. Aujourd’hui, le temps s’est compressé. Les emails vont encore plus vite que les fax. Cela crée aussi de nouveaux réflexes, on se dépêche de les lire car si on nous envoie un fax/email c’est que cela doit être important. 

Ré-organiser le rapport au temps et aux autres:

Il faut être vigilant et en prendre conscience, autrement on crée une nervosité latente en nous.

Exercice:

Respiration de 5 secondes, puis se poser 2 questions:

  • A qui je fais mal? Psychiquement et biologiquement à soi!
  • Est-ce utile? Une grande partie de la souffrance humaine est inutile, on se l’inflige à soi même, et elle est associée à une forme ou à une autre de non-acceptation de ce qui est.

Rumination ou lâcher prise

La rumination est un état de résistance car on n’a pas encore lâché prise. On résister à ce qui est. On n’est pas obligé d’être d’accord, mais alors il faut soit passer à l’action, soit lâcher prise.
Tourner en boucle un problème sans chercher à le résoudre est extrêmement nocif. Parfois, on se fait souffrir avec des banalités.
Il faut alors se demander, ai-je un problème en ce moment? Ou ne suis-je pas en train d’en fabriquer un?

Par exemple: on fait la file à la caisse d’un magasin, on choisit une file. Pas de chance, la file d’à côté avance plus vite. On râle sur la personne devant nous qui a oublié de peser ses légumes… Est-ce vraiment nécessaire?! A qui fait-on le plus de mal en pensant cela et en s’énervant sur quelque chose que l’on ne peut pas contrôler?

Apprivoiser le stress, c’est jongler entre:

  • inventaire des pistes d’action,
  • passage à l’action
  • lâcher prise. Attention, abandonner n’est pas lâcher prise. Abandonner c’est avant d’avoir essayé, quand on n’a pas de piste d’action. Lâcher prise c’est quand on a tout essayé.

Don’t miss the show

Ramène ton attention sur le moment présent, vis l’instant. Si tu vis dans le futur ou le passé, tu vas tout manquer.

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